Association EcritureS Onex 34

Publié le par SJAC

Le Sinaï (2de partie)

 

 

C’est ma chance… Ayant opté courageusement pour ce mode de transport  insolite, faut-il que je tombe sur un chameau fatigué…

Au bout de 30 minutes, les coups répétés sur l’animal et le bas de mon dos de plus en plus endolori, je suggère, dans un anglais aussi approximatif que celui du bédouin, de soulager le pauvre chameau et de marcher à nouveau :

- ok, Thank you, Madame…

Hélas, le chameau ne peut s’agenouiller à la montée. Mon bédouin le fait donc se retourner sur ce chemin étroit, direction descente, ce qui me donne de nouvelles sensations de vertige, genre manège de « grand-huit ». Le chameau s’agenouille brutalement. Heureusement, je tiens les rennes avec force et mon postérieur est si coincé que je ne tombe pas. Je descends de l’animal. Ouf, je me sens mieux. Le chamelier tient d’une main la bride de l’animal et me prend fermement le bras pour m’aider à continuer l’ascension. Mes cheveux blancs me donnent droit à son respect et sa considération. Nous bavardons dans un anglais très cocasse. Mais la route est encore longue et je halète à nouveau, le souffle court. Inquiet, le bédouin me suggère de monter une nouvelle fois sur son protégé. Ce que j’accepte à contre-coeur avec toutes les modalités inhérentes : chameau direction descente, grimper, se hisser, se balancer vertigineusement d’avant en arrière et donc nouveau grand-huit…

Enfin… nous arrivons au sommet. Les chameaux sont réunis par centaines dans un parc et blatèrent à notre arrivée. Mon jeune bédouin m’aide à descendre et lorgne jalousement sur mon sac à main :

- young camel, very tired…  Please Madame, dollars...

Avec ses yeux charmeurs et ses longs cils, le chameau me regarde tristement. Je m’en veux de l’avoir épuisé, lui si fatigué, si jeune… Alors, j’offre sans rechigner 10 dollars supplémentaires.

 

Et je rejoins mon groupe pour assister au spectacle du soleil qui se lève. L’astre, d'abord timide, dessine bientôt les contours des montagnes de granit, de gypse et d’azurite qu’il colore en une symphonie de couleurs fascinante. L’émotion religieuse pour certains, profane pour d’autres, puise à la même intensité. Personne ne parle. Le silence est bouleversant. 

 

Soudain, un cri d’animal retentit, suivi d’autres tout aussi langoureux. Témoins quotidiens de ce spectacle millénaire, les animaux saluent à leur manière la naissance du jour.

 

Sacrés chameaux…..

Julianne FARRE

 

 

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Publié dans Atelier EcritureS Onex

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