Association EcritureS Onex 22
Autobiographie
J’ai un visage que je n’aime pas, ce qu’on appelle communément une « gueule ».
Un front aplati, aussi fuyant qu’une ligne d’horizon
Un crâne dégarni, lisse et brillant comme une couche de vernis frais
Des yeux ronds et globuleux, toujours humides, qui me donnent un air inoffensif, voire niais,
Des paupières tombantes comme un soupir sans fin
Ma bouche me plait un peu plus. C’est une estafilade, taillée en un coup de stylet par un calligraphe japonais s’essayant aux arts martiaux
J’ai deux bras courts et trapus, en rupture d’harmonie avec mes mains aux longs doigts souples et fins
Mon dos, heureusement, me réconcilie avec mon physique. C’est un dos large et fuselé, un paysage ondulant de muscles sous une peau fine et élastique. S’en dégage puissance, certitude, détermination, tout le contraire de mes yeux.
Mon bassin est... mignon. Petit et bien proportionné. Posé délicatement à la racine de mon dos.
Ce que je préfère de toutes les parties de mon corps, ce sont mes jambes. Deux superbes jambes, longues et fuselées comme le sillage d’un transatlantique, puissantes au repos comme au travail, aussi fières et emplies de certitude qu’un athlète qui fait un tour de piste après avoir gagné une médaille.
Ah, je pourrais passer la journée à contempler ces merveilleux appendices... mais il me faut maintenir mon regard faussement naïf au cas où une mouche irrésistiblement irisée et toute vibrante venait à passer devant ma gueule... de grenouille verte.
Clarita Martinet-Faye