Association EcritureS Onex 4A
La femme sur le banc
... Ré-ca-pi-tu-lons
Frank est à son cours de rap, déposé il y a un quart d’heure devant la porte du local... La grande fresque que les élèves du cours ont peint sur le mur de l’entrée est vraiment formidable. Frankie était si fier! Ah, ça me fait penser (la femme sort un carnet de son sac et note) – « se renseigner pour des cours de peinture». Bon, voyons l’heure... Son cours se termine dans 1h15.
Pauline est à son cours de basket. Quelle bonne idée ces entraînements de basket ! A 11 ans, avec ses 1m60 et sa gaucherie de préadolescente c’est exactement ce qui lui convient. Merci Régis (le mari) ! Aujourd’hui, c’est Marie, la voisine, qui la ramènera à la maison, après le cours.
Sabine vient de commencer son cours de poterie, qui dure une heure. Lorsqu’elle sortira, j’aurai juste le temps d’aller chercher Frank, de rentrer à la maison et de préparer le repas. Voyons... les courses sont faites, j’ai promené le chien, Sabine a fini ses devoirs, les affaires de piscine de Pauline sont prêtes pour demain... TOUT VA BIEN !!!! Je peux donc rester tranquillement sur ce banc... attendre la fin du cours de poterie... comme chaque semaine... Silence... Zut ! J’ai oublié mon livre à la maison. Tant pis ! Bon, qu’est que je vais faire. Silence... Tiens, je n’avais jamais remarqué ce platane, là, à côté du banc. Silence... Son tronc est incroyable ! Silence... Observation... Il y a même un scarabée qui s’y promène, avec son armure irisée. Comme j’aimerais être à sa place ! Explorer cette surface rugueuse, suivre le labyrinthe sinueux des écailles d’écorce, tantôt beiges, tantôt brunes, tantôt vert tendres... Un véritable kaléidoscope ! Prendre la journée entière pour grimper jusqu’à la première branche, tout là haut, puis en suivre le chemin ondoyant et ondulant, sa surface d’abord large et ferme puis de plus en plus arrondie, fine et élastique. Au bout de la branche, m’aventurer sur une feuille, large, veloutée, lumineuse... Je m’y prélasse, ma carapace chauffée par le soleil. Tout à coup une légère brise se lève, et la feuille rebondit comme si elle était sur des ressorts mous. Pour un scarabée... ça décoiffe ! Le souffle de vent fait tournoyer les feuilles autour de leur tige, on dirait qu’elles se déhanchent en suivant une musique entendue d’elles seules... Partout autour de moi il y a une infinie mosaïque vivante et mouvante composée de feuilles aux multiples tons de verts, selon que le soleil pénètre plus ou moins profondément les couches de feuilles... De temps à autre, avec mon poids, la feuille bascule en direction du sol. Oh ! il y a une femme assise sur le banc....
« Maman ? ... Maman ??.... MAMAN ! » Je sursaute. « Tiens Sabine, tu es déjà là ? Ton cours est déjà terminé ? Comme le temps passe vite ! Allez, il nous faut aller chercher ton frère puis rentrer la maison, la journée n’est pas encore terminée !!! »
à suivre…
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